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Was zum Geier macht Frau Calmy in Afrika?

Mit dem Ärgern ist es so, dass der Ärger kommt, gerade wie er will. Heute Morgen beispielsweise. Da ist dieses Bild von der Bundespräsidentin in Afrika. Wie immer ist sie adrett gekleidet. Vor der afrikanischen Sonne schützt sie sich mit einer knallroten Baseballkappe mit dezent aufgesticktem Schweizerkreuz...

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Retraites : faisons simple

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 30-01-2012

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Ce que la population consomme en une année correspond grosso modo à ce qu’elle produit pendant l’année. Le défi pour la société consiste à formuler un ensemble de règles pour distribuer la production parmi les personnes présentes. Des règles qui soient à la fois simples et équitables sont préférables. D’ailleurs la simplicité offre en soi un gage d’équité, car plus les règles sont simples plus vite chacun obtient son dû ; moins elles ouvrent la porte aux tricheries et moins il faut dépenser pour gérer le système.

Le principe de répartition tel que le connaît l’AVS une certaine simplicité équitable : les cotisations des cotisants servent aussitôt à payer les rentes des rentiers. Pour que les cotisants acceptent le système, il vaut mieux qu’ils soient confiants que lorsqu’ils seront rentiers à leur tour les cotisants d’alors accepteront toujours de leur attribuer une part équitable de la production du moment.

Les retraites par accumulation fonctionnent évidemment selon le même principe mais selon des modalités nettement plus biscornues. Le cotisant accumule des titres. On lui assure qu’ils lui donneront droit à un revenu le moment venu. Or ce prétendu droit dépend toujours de la bonne volonté de la population active à ce moment-là. C’est elle qui décidera si elle a envie de rétribuer les détenteurs d’anciens titres, et si oui à quelles conditions. Après la révolution d’octobre 1917, les autorités soviétiques décidèrent de continuer à servir l’intérêt dû aux petits rentiers détenteurs d’obligations de l’État déchu. Ces rentiers furent mieux servis que ceux qui avaient fait confiance en 2008 à Lehman Brothers ou à Madoff, pour ne citer que ces deux exemples. En 2010, le peuple vota sur le « taux de conversion minimal » à appliquer aux rentes du 2e pilier. Or le vote n’engageait pas les votants, ou si peu, puisque le nouveau taux ne s’appliquerait qu’à partir de 2016 ; jusque-là, le peuple aurait tout loisir de modifier ses prétendus engagements.

Entre-temps, la création, la gestion et le négoce des titres rapportent des revenus substantiels aux entreprises financières et aux financiers qui s’y consacrent ; c’est d’autant moins de disponible pour le reste de la population, qu’elle soit active ou rentière.

Faisons simple : évitons le détour qui passe par le fouillis de la de titres, prenons le chemin direct du versement au paiement.

Edouard Dommen
Membre du d’

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Les clémentines, leur colère et nous !

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 16-01-2012

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Les clémentines, ce fruit doux et odorant, peuvent faire penser à la clémence, comme on dirait : « la clémence du mois de novembre. » En effet, dès novembre, des milliers de travailleurs immigrés –pour l’essentiel d’ subsaharienne et du Maghreb– vont en Calabre pour récolter les mandarines, les clémentines et les oranges.

« Comme des rats »

Ce qui les attend, c’est l’inclémence, la cruauté, le despotisme d’une mafia d’abuseurs qui les considèrent comme des « êtres humains invisibles ». Invisibles, ils le sont. Car dans la plaine dite de Gioia Tauro –dans les communes de Rosarno, San Ferdinando, Taurianova, Rizziconi et Gioia Tauro– ils survivent, à la marge, dans des « villages » de carton, ou entassés dans de grandes usines désertées depuis plus de vingt ans. Comme l’expliquaient plusieurs d’entre eux à des journalistes : « Nous vivons avec les rats, comme des rats. »

La plupart d’entre eux ont vécu une véritable odyssée durant laquelle ils ont vu mourir des amis dans le désert, dans la mer, dans les camps de rétention, ou être blessés et handicapés pour le restant de leurs jours. Ces survivants n’ont pourtant droit qu’à une vie sordide dans « le pays d’accueil ». Et les autorités italiennes (comme celles des pays européens) leur demandent d’en être quasi reconnaissants.

Seuls leurs bras et leurs mains sont visibles et comptent. En effet, ils doivent cueillir les agrumes. En se taisant. En ne levant pas les yeux. En remerciant ceux qui leur concèdent 20 euros pour 12 à 14 heures de labeur…quand on veut bien les engager ! Sur ces 20 euros, 5 leur sont pris pour payer le déplacement. Quelques euros doivent être « donnés » au contremaître qui leur a « trouvé le travail ». Par ailleurs, ces derniers ont mis en place tout un système de « fausses coopératives » qui leur permettent en plus de capter divers subsides.

Le maillon d’une chaîne

Ces milliers de travailleurs immigrés, dont un certain nombre sont sans papiers et précarisés -leur carte de séjour étant liée à un emploi- constituent une sorte de troupe qui pérégrine en Italie, d’une région à l’autre, au gré des récoltes : des pommes de terre aux raisins en passant par les agrumes et la production horticole.

Ils sont le dernier maillon d’une chaîne. Les grandes surfaces, les grands distributeurs imposent les prix de vente. Puis, les producteurs imposent les conditions de travail et de salaire. En Calabre, par exemple, pour un kilo de clémentines, les travailleurs immigrés « irréguliers » touchent 2 à 3 centimes d’ (5 à 6 fois moins que les travailleurs « réguliers ») ; les producteurs, 30 à 32 centimes ; les grandes surfaces italiennes, 1,50 à 2,50 euros (La Repubblica, 11 janvier 2010 ; 1 EUR = 1,48 CHF).

Là-bas, les diverses mafias jouent, de fait, le rôle de sous-traitants des grands distributeurs pour imposer « l’ordre » par la répression, par l’élimination de ceux qui lèvent la tête et qu’ils qualifient de meneurs et, enfin, par la « gestion du territoire ». Entendez : « où le travailleur immigré doit camper », « où et à qui il se présente pour son travail quotidien », « quels endroits lui sont interdits ». Ce n’est pas un hasard si un tribunal a énoncé un jugement en mai 2009 qui qualifiait cette « d’esclavage ».

Désespoir et violence

Le jeudi 7 janvier 2010, à Rosarno, dès 18 heures, des centaines de travailleurs immigrés se réunirent sur la route nationale et entrèrent dans cette ville de 15’000 habitants. La révolte avait éclaté. Le fait d’être sans cesse humiliés et traités d’une manière pire que les animaux avait alimenté une rébellion légitime. Ils brisèrent quelques vitrines et mirent à mal des voitures.

La affirma qu’il s’agissait d’individus violents. Mais, depuis des années, ils subissent des violences quotidiennes. Le mercredi 6 janvier 2010, un jeune Marocain, puis un Ivoirien, puis un Togolais ont été pris pour cibles par ceux qui « s’amusent à tirer sur les Noirs » avec leurs fusils à air comprimé. Cet acte salaud, un de plus sur une très longue liste, provoqua la réaction du 7 janvier.

Il y a une année, des travailleurs immigrés de Rosarno avaient déjà manifesté, pacifiquement, contre de telles violences. Ils n’avaient pas été entendus. Or, leurs conditions de vie misérables, leur santé dégradée, le système d’exploitation auquel ils sont soumis, les humiliations répétées, tout cela est connu depuis des années. Caritas, Médecins sans frontières, des prêtres et des activistes ont multiplié les articles et les reportages. Les syndicats ont même dénoncé cette situation, sans toutefois organiser leur défense.

Ce n’est donc pas depuis le 7 janvier 2010 que « l’on découvre » leur situation. Il est dès lors scandaleux de constater que la presse parle de deux violences symétriques. Elle insinue qu’un rare accès de violence d’êtres humains maltraités et désespérés est la même chose que la violence quotidienne qu’ils subissent de ceux qui ont le pouvoir. Ces contre-vérités sont traditionnelles dans la présentation des luttes sociales.

« La chasse aux Noirs »

Dès le 8 janvier 2010, « la revanche » est organisée par les mafieux et une partie de la population. « La chasse aux Nègres » commence. Des rondes punitives sont organisées. Des dizaines d’immigrés ont été visés dans les jambes avec des fusils de chasse. On a retrouvé entre 60 et 70 billes de plomb dans leurs chairs. Cela au moment où ce qu’on ose difficilement appeler leur logement était détruit par des bulldozers.

La police, qui avait brutalement réprimé les immigrés le 7 janvier, coordonna, dès les 8 et 9 janvier, leur déplacement vers des centres de rétention, à Bari et ailleurs.

Le ministre Roberto Maroni n’a pas hésité à proclamer que les « incidents de Rosarno » étaient dus à la « trop grande tolérance » face aux immigrés sans papiers et face à ceux n’ayant plus leur carte de séjour -faute d’emploi.

Très utilisées pour diviser les salariés, la répression –officielle ou mafieuse– et la discrimination se renforcent toujours lors des crises. Chercher des boucs émissaires pour ne pas voir les causes véritables d’un problème est un réflexe bien connu.

Avec un cynisme propre aux abuseurs sûrs de leur bon droit, les patrons et potentats locaux ont clamé, de suite : « On fera appel, dorénavant, à des Roumains et à des Bulgares. Plus de Noirs ici. » Un bel exemple de ce que les dominants entendent par « libre circulation » dans l’Union européenne.

Là-bas. Et ici ?

Ce qu’il se passe en Calabre –ou en Espagne, en , en Allemagne,entre autres– existe aussi en sous d’autres formes.

Dans la construction, le recours aux travailleurs précaires ou sans papiers est une spécialité des entreprises de coffrage et de ferraillage. Les grands donneurs d’ordre (les quelques grosses entreprises du secteur) délèguent en cascade divers travaux. Ces derniers sont exécutés par des travailleurs journaliers soumis à une exploitation brutale ; risquant des accidents ; touchant des salaires de misère ; et, pour couronner le tout, ne touchant pas de cotisations sociales. Il en va de même dans la restauration, l’hôtellerie, entre autres.

La révolte des travailleurs immigrés de Rosarno dévoile, une fois de plus, les conditions infra-humaines auxquelles sont soumis une partie des salariés. Mais elle illustre aussi la logique d’un système dans lequel ceux qui n’ont que leur force de travail et qui ne sont pas organisés pour se défendre peuvent être des cibles sur lesquelles « on tire ». Les travailleurs de swissport à Genève sont un contre-exemple éloquent : après 9 jours de grève, ils ont obtenu pleine satisfaction quant à leurs salaires, leurs primes et leurs jours-maladie payés à 100 %.

La révolte de Rosarno et « la revanche raciste » qui a suivi démontrent aussi l’urgence de combiner la régularisation collective des « sans-papiers » avec la défense des droits pour tous sur le lieu de travail. Dit plus simplement, il faut aider les salariés à s’unir face aux politiques sociales régressives.

La révolte de Rosarno dévoile aussi le pouvoir dont disposent les grands distributeurs et les grandes surfaces. En ce sens, les conditions de vie des travailleurs de Rosarno doivent nous faire réfléchir, tous, salariés et consommateurs.

(14 janvier 2010)

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Les contradictions de la politique française d’immigration

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 05-01-2012

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Introduction

Rappel des principaux aspects de l’actuelle politique française en matière d’immigration :

- Durcissement continu au cours des vingt dernières années de la législation régissant les conditions d’entrée et de séjour des étrangers (non ressortissants communautaires) en France.

- Une chasse impitoyable aux l’immigrés dits clandestins (les « sans papiers ») dans le but de les expulser (un minimum de 25’000 expulsions par an) dont les pires aspects rappellent la traque des juifs pendant l’occupation nazie : violations régulières de la législation, séparation des parents et des enfants, rétention administrative sans contrôle judiciaire possible, criminalisation de l’aide aux étrangers en irrégulière, etc.

- La création d’un ministère de l’Immigration, de l’intégration et de l’identité nationale ; l’organisation d’un débat sur l’identité nationale qui vire au déferlement des propos racistes (notamment islamophobes), dans le but de s’attirer les faveurs de l’électorat du Front national (l’opération ne pouvant que renforcer ce dernier).

Mais en même temps :

- Poursuite d’une immigration non seulement clandestine mais officielle (par le biais du regroupement familial) : en moyenne 160’000 par an.

- Des déclarations officielles régulières en faveur d’une « immigration choisie » : une politique sélective d’immigration visant à alimenter certains secteurs bien déterminés du marché du travail en différentes catégories (qualifiées mais aussi déqualifiées) de forces de travail.

- La France reste parmi les Etats européens les plus intégrateurs des étrangers installés en France (au cours de ces dernières années, entre 13 et 17 % de mariages mixtes) en dépit de la persistance de discriminations à l’égard de certaines catégories d’entre eux (notamment les Maghrébins et tout particulièrement les Algériens).

En fait, rien de bien nouveau sous le soleil. On retrouve aujourd’hui des contradictions déjà anciennes de la politique d’immigration et, plus largement, du rapport de la société française à ses immigrés. Mais je ne veux pas traiter de ces contradictions dans ce qu’elles ont de spécifiquement français ; je vais essayer de leur donner un tour aussi général, voire universel que possible.

I. La contradiction entre impérialisme et républicanisme

La France a été un des principaux Etats colonialistes ; et il demeure un Etat impérialiste, notamment à l’égard de ses anciennes colonies. Par ailleurs, la France est aussi marquée par l’héritage de la Révolution et sa tradition républicaine. L’un et l’autre de ces deux facteurs retentissent sur la situation actuelle faite aux immigré·e·s et aux étrangers installés sur son sol.

A) L’héritage colonialiste et la position impérialiste

1. Hier. Long passé colonialiste de la France, entre le début du XVIIe siècle et le milieu du XXe siècle. La France a possédé le plus grand empire colonial pendant l’époque contemporaine, après le Royaume-Uni.

- Les principales étapes de la de cet empire : la colonisation du Québec, des Antilles, de la Guyane, d’une partie des Indes (au XVIIe et XVIIIe siècle), avec une participation active à la traite négrière ; la colonisation de l’Algérie, d’une bonne partie de l’ subsaharienne, d’îles de l’océan (Madagascar), d’une partie de l’Indochine (Vietnam, Cambodge, Laos) et de la Polynésie (au cours du XIXe et du début du XXe siècle).

- Longue tradition de violences à l’égard des populations colonisées, pour établir et maintenir les rapports d’exploitation et de domination propre à la colonisation. Deux longues guerres coloniales au Vietnam (1946-1954) et en Algérie (1954-1962).

- Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, diffusion du racisme comme idéologie du colonialisme : comme pseudo-justification de la colonisation.

2. Aujourd’hui. Ce passé colonial reste inscrit tant dans les rapports que l’Etat et la société français entretiennent avec leurs ex-colonies devenues indépendantes et avec les populations issues de ces colonies.

- Sur un plan pratique : persistance de « confettis de l’Empire » : les DOM-TOM (Saint-Pierre et Miquelon, Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Nouvelle Calédonie, Polynésie), avec des droits (notamment sociaux) inférieurs à ceux de la métropole ; persistance d’une mise sous tutelle politique et d’une dépendance économique des anciennes colonies à l’égard de la France, avec la complicité des élites -coloniales locales (passage d’un impérialisme colonialiste à un impérialiste -colonialiste). Cf. la Françafrique.

- Sur un plan idéologique : persistance d’un racisme diffus à l’égard des populations des ex-colonies et, plus largement, des pays du Sud dans une partie de l’opinion publique française. Racisme d’autant plus exacerbé que ces populations peuvent désormais s’établir en France métropolitaine soit en étant française (cas des populations des DOM-TOM), soit en étant ressortissants d’Etats indépendants. L’émergence du FN (Front national) ne saurait s’expliquer sans cette persistance.

B) L’héritage républicain

1. Hier. Mais la France est aussi le pays dans lequel s’est produite une révolution bourgeoise radicale = une révolution dans laquelle la contradiction, inhérente à toute révolution bourgeoise, entre sa forme politique (la démocratie) et son contenu social (la domination de classe de la bourgeoisie) a été poussée très loin, dans le cours immédiat de la révolution (cf. le jacobinisme) tout comme par après.

Résultat : la tradition républicaine dont le programme et le symbole sont condensés par la devise « Liberté, égalité, fraternité » dont la portée potentielle universelle. Pour preuves :

- Le fait que, dans le cours du siècle suivant, le mouvement ouvrier (en France mais aussi à l’étranger) va s’emparer des idéaux républicains pour les retourner contre la bourgeoisie : pour exiger que la révolution soit reprise, poursuivie et parachevée par l’édification d’une République (démocratie) sociale en lieu et place de la République (démocratie) politique.

- Le fait que, le moment venu, c’est au nom d’idéaux républicains que les nationalistes vietnamiens ou algériens vont se soulever contre… la République française colonialiste.

2. Aujourd’hui. Persistance de cette tradition républicaine en France, que l’on retrouve non seulement au sein du discours politique et des institutions politiques mais encore au cœur de la conflictualité sociale. Elle se retrouve aussi au cœur des rapports qu’entretiennent non seulement une partie de la population et de l’opinion publique françaises à l’égard des immigrés et des étrangers vivant en France, en particulier ceux qui vivent dans l’illégalité (les « sans-papier »), mais encore l’Etat français lui-même. Pour preuves :

- La persistance de la prévalence du droit du sol sur le droit du sang au sein du Code de la nationalité : en dépit des multiples restrictions successives qui ont été apportées au cours des deux dernières décennies à la procédure d’acquisition de la nationalité française par les immigrés, ce code garantit la possibilité de cette acquisition dès la première génération, en fait la règle à la deuxième génération et la rend automatique à la troisième génération.

- La persistance du « modèle républicain d’intégration » fondé sur l’octroi de droits aux individus (en tant que sujets de droit : personnes privées et citoyens potentiels) et non pas aux communautés ethniques, nationales ou religieuses d’origine ou d’appartenance (par opposition au modèle anglo-saxon d’insertion des communautés).

II. La contradiction entre la fonction économique de la force de travail et sa forme juridique.

Contradiction très générale dans le cadre du capitalisme ; mais qui présente des aspects particuliers et une intensité plus aiguë dans le cas de la force de travail de travailleurs immigrés, en particulier en France.

A) La contradiction dans sa généralité

Relativement au statut qu’il accorde à la force de travail, le rapport capitaliste de production se caractérise par la contradiction suivante.

D’une part, la force de travail est le facteur et le moteur de la valorisation du capital : c’est sa dépense (son usage) qui est seule capable de former de la valeur et surtout de la survaleur (de la plus-value). Ce qui est la finalité immédiate de son appropriation et de sa consommation productive par le capital. Au sein de ce rapport de production, la force de travail n’a pas d’autre destinée que d’être exploitée. Comme le dit Marx :

« (…) quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché (…) ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné. » (Le Capital, Livre I, tome I, page 179).

Mais, d’autre part, la force de travail est la propriété privée d’un « travailleur libre » ; et le capital ne peut se l’approprier que sous la forme d’un rapport marchand (l’achat-vente de la force de travail) qui est aussi, nécessairement, un rapport contractuel qui doit respecter, au moins formellement, l’autonomie de la volonté et la subjectivité juridique du « travailleur libre » : ses droits en tant que propriétaire de cette marchandise particulière qu’est la force de travail.

C’est en prenant appui sur ce second aspect de la force de travail (sa forme juridique de propriété privée) que le travailleur salarié peut résister à et lutter contre le premier aspect (sa fonction de valorisation du capital, impliquant son exploitation). Tout le rapport de force immédiat entre capital et travail salarié repose sur cette contradiction :

- De son côté, le capital cherche autant que possible à annihiler les effets de la forme juridique de la force de travail en jouant :

- d’une part, sur l’état de nécessité économique dans laquelle se trouve le « travailleur libre », en tant qu’il est aussi un travailleur exproprié (privé de tout moyen de production propre et, par conséquent, de tout moyen de consommation à plus ou moins court terme) ; donc sur l’état de dépendance dans lequel le place son expropriation à l’égard du capital qu’il monopolise les moyens de production et de consommation de la société ;

- d’autre part, en jouant de la concurrence entre les différents travailleurs salariés en tant que propriétaires de la même marchandise qu’ils mettent simultanément et donc concurremment en vente sur un même marché.

- De son côté, le travailleur salarié cherche, autant que possible, à limiter les effets de la fonction économique de la force de travail (autrement dit de son exploitation) en s’appuyant sur sa forme juridique pour :

- d’une part, élargir et enrichir les droits auxquels ouvrent et son statut de propriétaire de la force de travail et le travail salarié ;

- d’autre part, substituer à la concurrence entre les travailleurs salariés leur union (syndicale et politique), de manière à l’atténuer sinon à la faire cesser, et à imposer par la lutte collective un statut salarial minimal (des conditions minimales d’échange et d’usage de la force de travail) ainsi que l’élargissement et l’enrichissement des droits afférents au travail salarié.

B) Les développements particuliers de la contradiction

Dans le cas d’une force de travail immigrée, cette contradiction se présente sous des aspects particuliers et avec une intensité plus particulière aussi.

1. Pour le capital, l’intérêt du recours à une force de travail immigré est double. Et cela se repère particulièrement en France :

a) D’une part, le capital a besoin d’une telle force de travail pour maintenir des formes d’exploitation archaïques dans certains secteurs, certaines branches ou certains segments de la division du travail dans lesquels le capital ne peut se valoriser qu’en surexploitant le travail salarié : en ne payant pas la force de travail à sa valeur, en ne respectant pas les normes légales ou conventionnelles en matière de la durée et de conditions de travail, etc.

Exemples typiques en France : le travail agricole saisonnier, la construction et les travaux publics, l’hôtellerie et restauration, certains types de services aux particuliers (gardiennage et surveillance, nettoyage, colportage, etc.)

Le recours à une main-d’œuvre immigrée permet cela grâce au fait que : elle est souvent isolée, sans possibilité de se défendre (par son ignorance de la langue, de ses droits, son absence d’organisation syndicale, quelquefois sans tradition de lutte, etc.), sa situation de dépendance accrue, quelquefois sa discrimination légale, souvent sa stigmatisation (sur une base xénophobe et raciste), etc.

Evidemment la situation est encore plus favorable pour le capital dans le cas où l’on a affaire à une main-d’œuvre immigrée illégalement, qui est entièrement à la merci de ses employeurs. D’où l’organisation d’un véritable trafic de main-d’œuvre de la part de certains employeurs dans les secteurs recourant le plus à la main-d’œuvre immigrée, quelquefois avec la complicité passive des pouvoirs publics. Exemple en France : rien n’a jamais été véritablement tenté pour faire cesser l’emploi de « sans papiers » dans les secteurs précédemment désignés (cf. les moyens dérisoires dont dispose les services de l’inspection du travail. )

b) D’autre part, le capital se sert de la présence d’une main-d’œuvre immigrée pour dresser l’un contre l’autre deux fractions du monde salarial, selon la veille tactique éprouvée du « diviser pour régner ». Cela suppose :

- de créer une différence de statut entre ces deux fractions, en réservant aux nationaux ou aux étrangers installés de longue date de meilleures conditions de rémunération, d’emploi, de travail, des droits supérieurs éventuellement, que celles imposées aux immigrés ;

- de jouer délibérément sur les attitudes et les représentations xénophobes voire racistes, en discriminant et stigmatisant les immigrés en tant qu’étrangers. Le racisme, comme le sexisme ou le jeunisme, est une arme de division du monde salarial.

c) Sous ce rapport, le durcissement continu de la législation française sur les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France vise moins à lutter contre l’immigration clandestine comme l’ont déclaré les gouvernants successifs que de :

- de réguler cette immigration de manière à ce qu’elle soit nécessaire et suffisante à l’approvisionner régulier des secteurs, branches, segments de l’économie française qui ne peuvent que subsister grâce à une telle main-d’œuvre. Tel est le sens du thème de « l’immigration choisie ». ;

- voire, par certaines aberrations juridiques, de produire de toutes pièces des clandestins pour fragiliser une partie de cette main-d’œuvre déjà la plus précaire ;

- d’attiser et de flatter les réactions et les préjugés xénophobes et racistes de la partie du monde salarial qui ne trouve plus d’identité et dignité que dans le fétichisme de l’identité nationale (nationalisme) ou dans le fantasme d’une pureté « raciale » (racisme).

2. Mais, en tant que propriétaires de leur force de travail, les travailleurs salariés disposent également de quelques moyens pour se défendre et lutter contre l’ensemble des processus précédents.

D’une part, sauf à instituer un régime d’apartheid (de discrimination institutionnelle généralisée), le capital ne peut maintenir à long terme une inégalité entre les droits ouverts, en tant que travailleurs salariés, aux immigrés et ceux réservés aux seuls nationaux. Ainsi les droits sociaux (par exemple ceux afférents à la protection sociale publique) ont-ils été d’emblée étendus à l’ensemble des salariés, quelle que soit leur nationalité – ce qui n’a pas été le cas des droits civiques.

D’autre part, et plus fondamentalement encore, leur statut juridique de sujets de droit va permettre aux travailleurs immigrés

- de s’émanciper de leur réduction tendancielle au statut de simples forces de travail qui n’auraient droit à l’ et à la présence dans l’Etat d’accueil qu’à ce titre ;

- pour revendiquer leur droit à une présence et à une existence dans cet Etat au titre de personne humaine avec l’ensemble des droits afférents à cette catégorie. Tel est tout l’enjeu par exemple de la lutte pour la reconnaissance effective (et non pas seulement formelle) du droit au regroupement familial ou encore du droit à l’exercice du culte musulman.

Sous ce rapport, le durcissement continu de la législation française sur les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France vise précisément à couper court à la possibilité de jouer d’un tel ressort : l’Etat français veut bien de la main-d’œuvre immigrée mais pas de la population immigrée. C’est d’ailleurs pourquoi ce durcissement est de plus en plus souvent attentatoire aux droits de l’homme et fait de la France, sous ce rapport, un Etat de plus en plus policier.

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L’affaire HSBC : où est l’illégalité ?

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 01-01-2012

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Hans- s’indigne et ses propos sont relayés par tous les médias de notre pays : « La entend utiliser des documents dont la provenance est illégale. C’est intolérable ». Un journaliste de la TSR se demande s’il ne s’agit pas là de méthodes de voyous.

Gesticulations politico-médiatiques et raison ne font que rarement bon ménage. Il n’est guère facile de rester objectif dans cette affaire, mais indispensable de le tenter.

Une première constatation s’impose : l’affaire HSBC, tout comme celle de l’, résulte d’une délation. L’obtention d’informations par un indicateur est aujourd’hui encore le seul moyen, avec l’espionnage (cas de l’Allemagne envers le Liechtenstein) d’obtenir des informations sur un grand nombre de fraudeurs.

Cela démontre que l’échange d’informations sur demande prévu par les conventions de double imposition ne sert à rien. Pour introduire une demande, il faut en effet disposer d’informations que seules les banques possèdent (nom du contribuable visé et nom de la banque où il a déposé ses fonds). Le nombre de cas traités sur cette base a toujours été et sera toujours dérisoire. Un exemple ? Seules deux demandes des Etats-Unis ont été acceptées par Jersey en quatre ans.

La France s’est-elle conduite comme un voyou ? Elle a utilisé une méthode qui fait partie des moyens que toutes les polices du monde emploient pour lutter contre le crime et la délinquance. L’évasion fiscale est un délit, un vol que les banques suisses et étrangères organisent à l’échelle planétaire. Où est l’illégalité, où est l’immoralité ? Dans le fait d’obtenir une liste de voleurs par un informateur ou dans le fait d’organiser massivement la fraude et l’évasion fiscales ? Certes, les personnes figurant sur cette liste ne sont pas toutes des délinquants, mais il est indispensable de le contrôler et immoral de s’y opposer.

L’évasion fiscale est pratiquée sur une grande échelle par les riches et les hyper-riches : on estime que 60% au moins des sommes placées en banque ne sont pas déclarées. Il s’agit bien là d’un vol de l’Etat et, par conséquent, des classes moyennes et défavorisées. L’évasion fiscale représente 250 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’Union européenne. La , elle, se prive de quelques 10 milliards de francs chaque année, en protégeant légalement cette pratique sur son territoire. Le citoyen ordinaire, lui, paie ses impôts jusqu’au dernier centime et souffre des conséquences de la politique des caisses vides sans se demander pourquoi elles le sont. Les médias ont en effet verrouillé le débat depuis fort longtemps.

La réaction du Conseil fédéral est atterrante. Monsieur persiste dans une attitude strictement défensive qui ne mène à rien sur le long terme. Il se range à l’avis de l’association suisse des banquiers et fait du projet Rubik la pièce maîtresse de sa stratégie. Ce projet consiste à demander aux banquiers eux-mêmes de prélever un impôt à la source auprès de leurs déposants. Ils deviendraient ainsi les agents des fiscs étrangers, qui devraient leur faire toute confiance ! Les complices des voleurs deviendraient ainsi les collaborateurs du fisc ! Il va de soi que les hyper-riches, qui utilisent des montages financiers ultra-sophistiqués, bénéficieraient toujours de la bienveillance grassement rémunérée de leur banquier.

Notre gouvernement s’oppose toujours, « de manière résolue » à l’échange automatique d’informations. Aucune argumentation valable n’est fournie, car il n’y en a pas. Cette opposition est révélatrice de la culpabilité des banques : elles ont beaucoup à cacher et donc beaucoup à perdre si elles acceptent la transparence. Le rapport stratégique du gouvernement précise que « la protection de la sphère privée est inscrite dans la ». Le recours à cette notion pour justifier le secret bancaire est, elle aussi, indéfendable. Le droit fiscal n’a jamais permis de se retrancher derrière la protection de la sphère privée pour refuser de fournir les informations nécessaires à la taxation.

La seule stratégie offensive de notre gouvernement et des banquiers consisterait à accepter l’échange automatique d’informations en y mettant une condition : que tous les Etats et places financières fassent de même. Ce serait le seul moyen pour notre pays et nos banques de retrouver un peu de moralité et de respectabilité.

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Ein schlechter Tag für die Welt – und für die Schweiz

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 27-12-2011

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Die Regierungschefs der wollen eine gefährliche Klimaerwärmung von über zwei Grad verhindern, haben sie in Kopenhagen beschlossen. Wie sie dieses Ziel erreichen, bleibt offen. Die Klimakonferenz in Kopenhagen endet also mit einer grossen Enttäuschung: Nach unzähligen Verhandlungsrunden liegt ein Papier vor, dass in der Substanz völlig ungenügend und nicht einmal verbindlich ist.

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Appel commun pour sauver les peuples d’Europe

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 16-12-2011

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Par Robert Joumard
Texte original en grec sous http://ecoleft.wordpress.com/2011/10/27/ ou http://www.mikis-crete.gr/diary/new…

65 ans après la défaite du nazisme et du fascisme, les peuples européens sont aujourd’hui confrontés à une menace dramatique, non militaire cette fois, mais financière, sociale et politique.

Un nouvel “Empire de l’Argent” a attaqué systématiquement un pays européen après l’autre au cours des 18 derniers mois, sans rencontrer de véritable résistance.

Les gouvernements européens n’échouent pas seulement à organiser une défense collective des peuples européens face aux marchés, mais, au contraire, cherchent à “calmer” les marchés en imposant des politiques qui nous rappellent la manière dont les gouvernements ont tenté d’affronter le nazisme dans les années 30. Ils organisent des “guerres de la dette” entre les peuples européens, tout comme ils firent de la belle époque à la première Guerre mondiale.

L’offensive des marchés a commencé par une guerre contre la Grèce, un État membre de l’Union européenne, dont le peuple a joué un rôle décisif dans la résistance à la barbarie et dans la libération de l’ au cours de la seconde Guerre mondiale. Au début, il s’agissait d’une guerre de communication, qui nous rappelait les campagnes contre les pays hostiles, proscrit comme l’Irak ou la Yougoslavie. Cette campagne présentait la Grèce comme un pays de citoyens paresseux et corrompus, tout en entreprenant de rejeter la responsabilité de la crise de la dette sur les “poorcs” [PIIGS, acronyme anglais des initiales du Portugal, de l'Italie, de l'Irlande, de la Grèce et de l'Espagne] de l’ et non sur les banques internationales.
Rapidement, cette offensive s’est muée en une offensive financière, qui entraina la soumission de la Grèce à un statut de souveraineté limitée et l’intervention du FMI dans les affaires internes de la zone .

Quand ils eurent obtenu ce qu’ils attendaient de la Grèce, les marchés prirent pour cible les autres pays de la périphérie de l’Europe, plus petits ou plus grands. Le but est toujours le même : garantir pleinement les intérêts des banques contre ceux des États, la démolition de l’état providence européen, qui était la pierre angulaire de la démocratie et de la culture européennes, la démolition des États européens et la soumission de ce qu’il reste des structures étatiques à la nouvelle “Internationale de l’Argent”.

L’Union européenne, qui était présentée à ses peuples comme l’outil du progrès collectif et de la démocratie, tend à devenir l’outil de la fin de la prospérité et de la démocratie. Elle était présentée comme un outil de résistance à la mondialisation, mais les marchés souhaitent qu’elle soit l’instrument de la mondialisation.

Elle était présentée aux Allemands et aux autres peuples européens comme le moyen d’augmenter pacifiquement leur pouvoir et leur prospérité, et non comme le moyen d’abandonner tous les Européens aux injonctions des marchés financiers, de détruire l’image de l’Europe et de transformer les marchés en acteurs d’un nouveau totalitarisme financier, en nouveaux maîtres de l’Europe.

Nous sommes confrontés au risque de reproduire l’équivalent financier des première et seconde guerres mondiales sur notre continent et de nous dissoudre dans le chaos et la décomposition, au bénéfice d’un Empire international de l’Argent et des Armes, dont le pouvoir des marchés est à l’épicentre économique.

Les peuples d’Europe et du monde font face à une concentration sans précédent historique du pouvoir financier mais aussi politique et médiatique par le capital financier international, c’est-à-dire par une poignée d’institutions financières, d’agences de notation et une classe politique et médiatique qu’ils ont convertie, dont les centres sont plutôt externes qu’internes à l’Europe. Ce sont les marchés qui attaquent aujourd’hui un pays européen après l’autre, utilisant le levier de la dette pour démolir l’État providence européen et la démocratie.

L’ “Empire de l’Argent” exige aujourd’hui la transformation rapide, violente et brutale d’un pays de la zone euro, la Grèce, en un pays du Tiers monde, à l’aide d’un programme dit de “sauvetage”, en fait de “sauvetage” des banques qui ont prêté aux pays. En Grèce, l’alliance des banques et des leaders politiques a imposé – par le biais de l’UE, la BCE et le FMI – un programme qui équivaut à un “assassinat économique et social” du pays et de sa démocratie, et qui organise le pillage du pays avant la banqueroute à laquelle il mène, en souhaitant d’en faire le bouc émissaire de la crise financière mondiale et l’utiliser comme le “paradigme” pour terroriser tous les peuples européens.

La politique, qui est menée actuellement en Grèce et qui tend à se généraliser, est la même que celle qui fut appliquée au Chili de Pinochet, dans la Russie d’Eltsine ou en Argentine et aura les mêmes résultats, si on n’y met pas fin immédiatement. Victime d’un programme supposé l’aider, la Grèce est maintenant au bord d’un désastre économique et social ; elle sert de cobaye pour étudier les réactions des peuples au darwinisme social et terroriser l’ensemble de l’Union européenne, par ce qui peut arriver à l’un de ses membres.

Les marchés peuvent aussi pousser et utiliser le leadership de l’Allemagne pour détruire l’Union européenne. Mais cela constitue un acte d’un extrême aveuglement politique et historique pour les forces dominantes de l’UE et d’abord pour l’Allemagne que de penser qu’il puisse y avoir un projet d’intégration européenne ou seulement de simple coopération, sur les ruines d’un ou de plusieurs membres de la zone euro.

L’Union européenne ne peut en aucun cas s’établir sur la destruction planifiée d’acquis politiques et sociaux majeurs, de grande portée mondiale. Cela conduira au chaos et à la désintégration et favorisera l’émergence de solutions fascistes sur notre continent.

En 2008, les banques privées géantes de Wall Street ont forcé les États et les banques centrales à les sortir de la crise qu’elles avaient elles-mêmes créée, en faisant payer aux contribuables le coût de leur fraude gigantesque, comme leurs prêts immobiliers, mais aussi le coût opérationnel du capitalisme casino dérégulé imposé au cours des vingt dernières années. Ils transformèrent leur propre crise en une crise de la dette publique.

Maintenant, ils utilisent la crise et la dette, qu’ils ont eux-mêmes créée, pour dépouiller les États et les citoyens du peu de pouvoir qu’ils détiennent encore.
C’est une partie de la crise de la dette. La seconde partie est que le capital financier, avec les forces politiques qui le soutient globalement, impose un agenda de mondialisation néolibérale, qui se traduit inévitablement par la délocalisation de la production hors de l’Europe et la vers le bas des normes sociales et environnementales européennes avec celles du Tiers Monde. Pendant de nombreuses années, ils ont caché ce processus derrière les prêts, et maintenant ils utilisent les prêts pour finir le travail.

L’ “Internationale de l’Argent”, qui souhaite éliminer toute notion d’État en Europe, menace aujourd’hui la Grèce, demain l’Italie ou le Portugal ; elle encourage la confrontation entre les peuples d’Europe et met l’Union européenne devant le dilemme de se transformer en une dictature des marchés ou de se dissoudre. Le but est que l’Europe et le reste du monde reviennent à la d’avant 1945, ou même à avant la Révolution française et les Lumières.

Dans l’Antiquité, l’abolition par Solon des dettes qui forçaient les pauvres à devenir esclaves des riches, appelée la réforme Seisachtheia, posa les bases qui allaient conduire à l’émergence, dans la Grèce antique, des idées de démocratie, de citoyenneté, de politique et d’Europe, et d’une culture européenne et mondiale.

En luttant contre la classe fortunée, les citoyens d’Athènes ouvrirent la voie à la constitution de Périclès et à la philosophie politique de Protagoras, qui déclara que “l’homme est la mesure de toute chose”.

Aujourd’hui, les classes fortunées cherchent à venger cet esprit de l’homme : “les marchés sont la mesure de tous les hommes” est la devise que nos leaders politiques embrassent, en s’alliant au démon de l’argent, comme le fit Faust.

Une poignée de banques internationales, d’agences de notation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour asservir la population européenne, instituant en lieu et place de nos démocraties imparfaites la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique se situe à l’extérieur de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se tourner ensuite vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre. L’espoir de quelques pays européens d’y échapper finalement prouve que les leaders européens sont face à la menace d’un nouveau « fascisme financier », auquel ils ne répondent pas mieux que face de la menace d’Hitler dans l’entre-deux-guerres.

Ce n’est pas par accident qu’une grande partie des médias contrôlée par les banques ont choisi de s’attaquer à la périphérie européenne, en traitant ces pays de « porcs » (PIIGS), et de diriger leur campagne médiatique méprisante, sadique et raciste à travers les médias qu’ils possèdent, non seulement contre les Grecs, mais aussi contre l’héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l’idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d’un capitalisme de destruction.

La tentative d’une partie des médias allemands d’humilier des symboles tels que l’Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d’Hitler, n’est rien d’autre que l’expression d’un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces médias, pas tant contre les Grecs, que contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

Le monstre financier a produit quatre décennies d’exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de « libéralisation du marché », une large dérégulation, l’abolition de toutes les barrières aux flux de capitaux et de marchandises, d’attaques constantes contre l’état, l’acquisition massive des partis et des médias, l’appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street. Maintenant, ce monstre, un véritable « état derrière les États » se révèle vouloir la réalisation d’un « coup d’état permanent » financier et politique, et cela depuis plus de quatre décennies.

Face à cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie européennes semblent compromises après des décennies d’entrisme par le capitalisme financier, dont les centres les plus importants sont non-européens. D’autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises par le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles dans toute l’Europe.

La coordination immédiate et transfrontalière des actions d’intellectuels, des gens des arts et lettres, des mouvements spontanés, des forces sociales et des personnalités qui comprennent l’importance des enjeux s’impose ; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre « l’empire totalitaire de la mondialisation » qui est en marche, avant qu’il ne soit trop tard.

L’Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau « New Deal » européen.

- Nous devons stopper immédiatement l’attaque contre la Grèce et les autres pays de l’UE de la périphérie ; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.
- Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans la zone euro, particulièrement aux dépens des géants des banques privées. On doit reprendre le contrôle des banques et placer sous contrôle social, national et européen le financement de l’économie européenne. Il n’est pas possible de laisser les clés de la européenne aux mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche , etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

- L’architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles de l’OMC, a installé en Europe une machine à fabriquer de la dette. Nous avons besoin d’une modification radicale de tous les traités, de soumettre la BCE au contrôle politique de la population européenne, une « règle d’or » pour un minimum social, fiscal et environnemental en Europe. Nous avons un urgent besoin d’un changement de paradigme ; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d’investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle des flux internationaux de capitaux et de marchandises ; une nouvelle forme de protectionnisme doux et raisonnable dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans la lutte en faveur d’une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

Nous appelons les forces et les individus qui partagent ces idées à s’unir dans un large front d’action européen aussi tôt que possible, à produire un programme de transition européen et à coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, à renverser l’actuel équilibre des forces et à vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu’il ne soit trop tard pour l’Europe.

Athènes, octobre 2011

Alexis Tsipras
John Mylopoulos
Dimitris Constantakopoulos
Theodosis Pelegrinis
Constantinos Tsoukalas
Costas Douzinas
Costas Vergopoulos
Kyriakos Katzourakis
Katia Gerou
Mikis Theodorakis
Manolis Glezos

Texte traduit de l’anglais en français (première moitié par R. Joumard le 7 novembre 2011 à partir du texte publié par http://arirusila.wordpress.com/2011…, et seconde moitié publiée par http://www.cnr-resistance.fr/mikis-… et revue par R. Joumard).
Version allemande : Gemeinsamer Appell für die Rettung der Völker Europas

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Die FDP fordert volle Transparenz und Ergebnisse der GPK bis März

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 28-11-2011

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Gesamtbundesrat muss der GPK alle relevanten Dokumente zur Verfügung stellen
Die fordert volle Transparenz über die Anordnung der FINMA, Daten von -Kunden den amerikanischen Behörden zu übergeben. Diese Entscheidung wurde von Bundesverwaltungsgericht als illegal taxiert. Die Bevölkerung und das Parlament haben das , im Detail zu erfahren, wie es zu dieser Situation kam. Die unterstützt die wichtige , welche die Geschäftsprüfungskommissionen (GPK) in dieser Angelegenheiten seit einigen Monaten führen. FDP.Die fordert, dass der der GPK-Subkommission der beiden Räte alle relevanten Dokumente zur Verfügung stellt. Zudem soll die Subkommission ihre Arbeiten beschleunigen und bis im März 2010 abschliessen. Zusätzlich eine Parlamentarische Untersuchungskommission (PUK) einzusetzen, bringt objektiv gesehen keinen Vorteil. Zusätzlich würde das die der bereits getätigten Arbeit der GPK reduzieren. Ohne mehr zu erfahren, gingen Monate verloren. Das bringt unserem nichts. 

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UBS: Neue Strafanzeige

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 27-11-2011

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Die Staatsanwaltschaft hat unlängst auf eine Strafuntersuchung gegen die -Verantwortlichen verzichtet. Jetzt hat das Bundesverwaltungsgericht bestätigt, dass die Herausgabe der Kundendaten unrechtmässig war.

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Leuthards Rücktritt gefordert wegen Einflussnahme aufs Bundesgericht

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 25-11-2011

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Heute Donnerstag berät der in einer Sondersitzung die Lage der Landwirtschaft mit Schwerpunkt Landesversorgung und Ernährungssouveränität. Die IG Schwizerhanf als Interessenvertretung der Hanfbauern will den Rücktritt von Bundesrätin .

Mädchen mit HanfDie staatsführende Aufgabe der Bundesrätin besteht primär darin, kommende Gegebenheiten vorausblickend erfassen und analysieren zu können, um dann wirtschaftlich tragbare Entscheide zu fällen, so Agro-Ingenieur Karl Heeb, Sprecher für die IG Schwizerhanf. Zu oft aber hat die kritisierte Bundesrätin die diametral falsch eingeschätzt, so insbesondere als die kam und letzthin noch in Sache -Personenfreizügigkeit, und, trotz Ernstlage, unbenützter Ventilklausel. Die benötige Stabilität, was Frau Leuthard nicht bringen kann, so im Tenor die Position der IG Schwizerhanf.

Zwei Falschurteile in
Auslöser zum Ruf der IG Schwizerhanf nach ihrem Rücktritt bildet Leuthards Departement EVD Einflussnahme auf das Bundesgericht, was am 2. Juni 2009 zu zwei Falschentscheide führte: Die strafrechtliche Abteilung in Fünferbesetzung (Bundesrichter Favre (Präs.), Schneider, Wiprächtiger, Ferrari, Mathys) wollte in zwei Luzerner Angelegenheiten nachprüfen, ob das vom EVD verfügte Hanffütterungsverbot rechtens sei. In seiner Eingabe stellt das EVD fest, in sei der Stoff Tetrahydrocannabinol (THC) detektiert worden, das beweise ein Test mit einer Milchkuh, das Hanffutter sei also erwiesenermassen gesundheitsgefährlich und deshalb zu Recht mit einem Fütterungsverbot für Nutztiere sanktioniert worden. Den Bundesrichtern wurde aber verschwiegen, dass die THC-Spuren in der nicht von Hanf, sondern von einer grossmengigen THC-Pille stammen, die der Testkuh verabreicht worden war. Dass die Testkuh gar keinen Hanf gefressen hatte, das wird im EVD-Papier nicht erwähnt. Diese Unterlassung führte dazu, dass die Bundesrichter das EVD-Hanffütterungsverbot schützten, in der Überzeugung, dass die vom EVD behauptete, vom Hanf ausgehende Gefahr eine wissenschaftlich erwiesene Tatsache ist.

Ein amtlicher Brief, der alles sagt
Ein amtlicher Brief der alles sagt

Amtsgericht Sursee (LU)
Weil dem aber nicht so ist, müssen jetzt Luzerner Richter das Lausanner Urteil überprüfen: Am kommenden Mittwoch um 09.00 Uhr tritt Bauer P. Bühlmann aus Ruswil zur Gerichtsverhandlung beim Amtsgericht Sursee vor, dort will er den Antrag auf Überprüfung des Falschurteils stellen, damit ihm daraus keine Präjudiz erwachsen kann. Den Richtern übergibt er ein Urteil aus dem Berner Obergericht: «Aus den Futterwürfeln entsteht keine Gefahr, denn THC entsteht nur beim Rauchen. Es fehlt an jedem Nachweis dafür, dass verfütterter Hanf bei der Konsumation durch Grosstiere überhaupt THC-Substanz zurücklässt» (5.1.2004) und die Aussage des Thurgauer Landwirtschaftsamts: «Bis heute ist wissenschaftlich nicht belegt, dass die Verfütterung von Hanf den betrof fenen Lebenwesen Schaden zufügt. Auf dieser Basis kann das Verfütterungsverbot nicht sauber abgestützt werden» (14.1.2009).

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Sozialstaat retten und mehr

Posted by admin | Posted in Blogroll | Posted on 24-11-2011

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Die Partei der hat vor dem Bundeshaus mit dem von Sonderausgaben der Zeitungen «Vorwärts» und «GaucHebdo» eine gegen Sozialabbau lanciert.

Bezeichnend war, dass viele Parlamentarierinnen und Parlamentarier beim Stichwort «» die Zeitungen dankend ablehnten, während die Passierenden auf dem Bundeshausplatz die Informationen interessiert entgegen nahmen und angeregt mit den Leuten der PdA diskutierten.

In den nächsten Tagen wird im Bundeshaus über erneute Kürzungen und Verschlechterungen bei der Arbeitslosenversicherung diskutiert und entschieden. Es ist zu befürchten, dass die bürgerliche Mehrheit den geplanten Abbau im Arbeitslosen- und Insolvenzversicherungsgesetz (Avig) durchsetzen wird. Somit müssen diejenigen für die Krise bezahlen, die bereits am härtesten davon betroffen sind. Es sei daran erinnert, dass genau vor einem Jahr die UBS, die mitverantwortlich für die Krise ist, von den gleichen Politikerinnen und Politikern 68 Milliarden Franken Steuergelder geschenkt bekommen hat. Die Schuldigen der Krise werden finanziell gerettet — auf der Opfer. Dies entspricht der perversen kapitalistischen Logik bürgerlicher Politikerinnen und . Und so erstaunt es nicht, dass die geplanten Kürzungen bei der Arbeitslosenversicherung nur ein Teil des angestrebten Sozialabbaus sind. Geht es nach dem Willen der Bürgerlichen, werden die Renten bei der AHV, der Pensionskasse sowie der Invalidenversicherung gekürzt und das Kranken- und Unfallversicherungsgesetz (KUVG) verschlechtert. Es ist klar, dass der Sozialabbau das politische der Bürgerlichen ist. Dagegen wehrt sich die PdA mit allen zur Verfügung stehenden demokratischen Mitteln.

Zum Ende der Wintersession wird die PdA Bilanz ziehen und an einer weiteren Pressekonferenz ihre Forderungen und Gegenmassnahmen bekannt geben.

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